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Quote-part et représentation successorale : règles de répartition

17 juillet 2026 · 10 min de lecture · Réussir une Succession

Quote-part et représentation successorale

Quote-part et représentation successorale : comment la loi répartit l'héritage entre héritiers

Vous venez d'hériter et découvrez que la répartition ne se fait pas toujours « à parts égales » entre tous : un petit-enfant peut hériter à la place de son parent prédécédé, un neveu peut concourir avec des frères et sœurs du défunt. La quote-part fixe la fraction de l'actif successoral revenant à chaque héritier avant tout calcul de droits, et la représentation successorale permet à certains descendants de « prendre la place » d'un héritier absent. Ces deux mécanismes, définis par le Code civil (articles 734 et suivants), conditionnent directement le montant que vous touchez et les droits de succession que vous paierez.


Qu'est-ce que la quote-part dans une succession ?

La quote-part désigne la proportion de succession attribuée à chaque héritier, alors que la représentation successorale est un mécanisme juridique qui permet à des descendants de recueillir la quote-part d'un héritier prédécédé, renonçant ou indigne comme s'il était encore en vie.

En pratique, chaque héritier reçoit une quote-part globale du patrimoine, par exemple une fraction en pleine propriété ou en usufruit. Cette quote-part peut ensuite se traduire en parts indivises sur chaque bien (notamment immobilier) lorsque le bien n'est pas attribué à un seul héritier.

La quote-part découle soit de la dévolution légale (succession sans testament, selon le Code civil), soit des dispositions testamentaires prises par le défunt, dans la limite de la réserve héréditaire. Selon les notaires, la loi fixe pour chaque catégorie d'héritiers les droits successoraux, ainsi que les abattements et taux fiscaux applicables aux droits de succession.

Distinction entre quote-part légale et quote-part testamentaire :

  • Quote-part légale : en l'absence de testament, les règles d'ordre et de degré du Code civil déterminent automatiquement qui hérite et dans quelle proportion.
  • Quote-part testamentaire : le défunt peut modifier la répartition par testament, mais uniquement dans la limite de la quotité disponible (part dont il peut librement disposer), sans jamais porter atteinte à la réserve héréditaire des héritiers réservataires (descendants ou, à défaut, conjoint survivant dans certains cas).

Pour mieux comprendre les règles de répartition de la quote-part, consultez notre page pilier dédiée.


Comment la loi calcule la quote-part de chaque héritier

Le Code civil organise la répartition de la succession par ordres d'héritiers et par degrés de parenté (articles 734 et suivants). En l'absence de testament, les héritiers sont classés par ordre de priorité :

  • 1er ordre : enfants du défunt et leurs descendants
  • 2e ordre : parents, frères et sœurs et leurs descendants
  • 3e et 4e ordres : autres collatéraux (oncles, tantes, cousins) jusqu'à un certain degré

Principe de division par tête entre héritiers du même rang :

Lorsque plusieurs héritiers appartiennent au même ordre et au même degré, la succession se divise par tête : chaque héritier reçoit une part égale. Par exemple, si trois enfants héritent en l'absence de conjoint survivant, chacun reçoit un tiers.

Liste explicite des configurations courantes :

  1. Cas 1 : héritiers en ligne directe, même rang, parts égales
    Trois enfants vivants héritent chacun d'un tiers de la succession. Aucune représentation ne joue.

  2. Cas 2 : héritiers de rangs différents (présence de petits-enfants)
    Si l'un des trois enfants est prédécédé et laisse deux enfants, la représentation successorale s'applique : les deux petits-enfants se partagent le tiers qui aurait dû revenir à leur parent (voir section suivante).

  3. Cas 3 : présence d'un conjoint survivant
    En présence d'enfants communs, le conjoint survivant peut choisir entre l'usufruit de la totalité ou la pleine propriété d'un quart. Les enfants reçoivent alors soit la nue-propriété de la totalité, soit les trois quarts en pleine propriété. La quote-part de chaque enfant dépend donc du choix du conjoint et du nombre d'enfants.

En présence du 3e ou 4e ordre (sans enfant, ni parent, ni frère ou sœur vivant ou représenté), la loi prévoit une division de la succession en deux moitiés : une pour la branche maternelle, une pour la branche paternelle. Chaque branche est ensuite partagée entre les héritiers de cette ligne.

Pour un détail complet des configurations familiales, consultez notre article sur les règles légales de répartition entre héritiers.


La division par souche en cas de représentation successorale

Lorsqu'un héritier est prédécédé, renonçant ou indigne, ses descendants peuvent prendre sa place grâce à la représentation successorale (article 751 du Code civil). La succession se divise alors par souche et non par tête.

Définition de la représentation successorale :

La représentation est une fiction juridique qui permet à certains descendants (enfants, petits-enfants, neveux, nièces) d'hériter à la place d'une personne qui aurait dû hériter. Elle s'applique :

  • en ligne directe descendante : à l'infini (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants d'un enfant prédécédé du défunt)
  • en ligne collatérale : uniquement pour les descendants des frères et sœurs du défunt (neveux, nièces)

Exemple chiffré illustrant la division par souche :

Le défunt laisse trois enfants dont l'un (l'aîné) est prédécédé et avait eu deux enfants. La succession se divise en trois souches d'un tiers chacune :

  • Le deuxième enfant (vivant) reçoit 1/3
  • Le troisième enfant (vivant) reçoit 1/3
  • Les deux petits-enfants issus de l'aîné prédécédé se partagent 1/3 (soit 1/6 chacun)

Si l'aîné prédécédé avait laissé trois petits-enfants, ces trois petits-enfants se partageraient toujours le même tiers, soit 1/9 chacun. La souche conserve sa quote-part globale, quelle que soit la composition de ses représentants.

Point d'alerte : représentation de l'héritier renonçant

Depuis la loi du 23 juin 2006, la représentation est admise en cas de renonciation d'un héritier : les descendants de l'héritier renonçant peuvent « représenter » leur parent et recueillir la quote-part qu'il aurait reçue s'il avait accepté. Pour tout détail sur cette situation, consultez notre article dédié sur la quote-part en cas de renonciation d'un héritier.


Représentation successorale et bien immobilier : ce qui change concrètement

Lorsque la succession comprend un bien immobilier, chaque héritier reçoit une quote-part indivise de ce bien, proportionnelle à sa quote-part successorale globale. La représentation modifie directement cette répartition.

Impact sur la quote-part indivise :

Reprenons l'exemple précédent (trois enfants dont un prédécédé laissant deux petits-enfants). Si la succession ne comporte qu'une maison :

  • L'enfant n° 2 détient 1/3 indivis de la maison
  • L'enfant n° 3 détient 1/3 indivis de la maison
  • Les deux petits-enfants détiennent ensemble 1/3 indivis, soit 1/6 chacun

Chaque indivisaire peut ensuite décider de garder, louer ou vendre sa part indivise, sous réserve de l'accord des autres indivisaires pour une vente globale du bien. Pour un guide complet sur la gestion de cette indivision, consultez notre article sur la quote-part d'un bien immobilier en indivision.

Lien avec les droits de succession :

La quote-part déterminée par la représentation successorale conditionne directement les droits de succession calculés sur la part nette reçue. Chaque héritier ou représentant paie ses droits sur la valeur de sa quote-part, après abattement applicable selon son lien de parenté avec le défunt (article 777 et suivants du Code général des impôts).

À savoir : Les petits-enfants venant par représentation bénéficient du même abattement et du même barème que leur parent aurait eu s'il avait hérité directement (transmission en ligne directe). En revanche, les neveux et nièces venant par représentation d'un frère ou sœur prédécédé bénéficient d'un abattement et d'un barème moins favorables (transmission entre frères et sœurs, puis entre oncles/tantes et neveux/nièces selon les situations).


Les règles légales de répartition selon la configuration familiale

Le Code civil prévoit des règles précises pour chaque configuration familiale. Les notaires détaillent notamment les droits du conjoint survivant selon la présence d'enfants et la configuration familiale (enfants communs ou non, présence des parents du défunt, etc.).

Tableau récapitulatif des configurations courantes :

Configuration familiale Quote-part légale (à défaut de testament)
Enfants seuls (sans conjoint survivant) Parts égales entre les enfants (division par tête ou par souche si représentation)
Enfants + conjoint survivant (enfants communs) Conjoint : choix entre usufruit total ou 1/4 en pleine propriété ; enfants : complément (nue-propriété ou 3/4)
Petits-enfants par représentation (un enfant prédécédé) Les petits-enfants se partagent la quote-part de leur parent prédécédé (division par souche)
Parents survivants (sans descendant ni frère/sœur) Les parents reçoivent chacun 1/4 ; le conjoint survivant reçoit 1/2
Frères et sœurs (sans descendant ni parent survivant) Parts égales entre les frères et sœurs (ou leurs descendants par représentation)

Encadré « à savoir » :

Ces règles s'appliquent à défaut de testament ou dans la limite de la réserve héréditaire. Le défunt peut moduler les quotes-parts entre les héritiers dans la limite de la quotité disponible, mais il ne peut jamais priver totalement un héritier réservataire de sa réserve. Si un testament porte atteinte à la réserve, l'héritier réservataire peut exercer une action en réduction pour ramener sa quote-part au minimum légal.

Pour un détail complet des règles de dévolution selon chaque configuration, consultez notre article dédié sur les règles légales de répartition entre héritiers.


Vérifiez le barème applicable à votre quote-part

La quote-part déterminée par les règles de dévolution légale (ou testamentaire dans la limite de la réserve) conditionne le calcul des droits de succession. Ces droits dépendent :

  • du lien de parenté entre le défunt et l'héritier (article 777 du Code général des impôts)
  • de la valeur nette de la quote-part reçue (après déduction du passif)
  • de l'abattement applicable selon le lien de parenté
  • du barème progressif applicable à la part taxable (après abattement)

Les abattements et taux varient fortement selon le lien de parenté. Par exemple :

  • Transmission en ligne directe (parent-enfant, grand-parent–petit-enfant par représentation) : abattement de 100 000 € par enfant ou représentant, puis barème progressif de 5 % à 45 %
  • Transmission entre frères et sœurs : abattement de 15 932 € (montant en vigueur, à vérifier sur service-public.fr), puis barème spécifique
  • Transmission entre oncles/tantes et neveux/nièces : abattement de 7 967 € (montant en vigueur, à vérifier sur service-public.fr), taux fixe de 55 %

Calcul pratique :

Pour calculer vos droits de succession, vous devez :

  1. Déterminer votre quote-part en valeur (par exemple, 1/3 d'un bien immobilier de 300 000 € = 100 000 €)
  2. Appliquer l'abattement correspondant à votre lien de parenté
  3. Appliquer le barème progressif (ou taux fixe) à la part taxable restante

Pour accéder au barème complet des droits de succession selon votre lien de parenté et calculer vos droits en quelques clics, consultez le barème complet des droits de succession.


Disclaimer :

Cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Les règles de quote-part et de représentation successorale dépendent de votre situation familiale précise (mariage, PACS, enfants de lits différents, renonciation, indignité, etc.) et des textes en vigueur à la date du décès. Seule une consultation d'un notaire ou d'un conseil juridique vous permettra de valider la répartition légale applicable à votre succession et de calculer avec précision les droits dus.


Sources :

  • Articles 734, 751 et suivants du Code civil (accessibles sur Legifrance.gouv.fr)
  • Articles 777 et suivants du Code général des impôts (barème des droits de succession, accessible sur Legifrance.gouv.fr et bofip.impots.gouv.fr)
  • Service-public.fr : fiches pratiques sur la succession et la représentation successorale
  • Notaires.fr : guides professionnels sur la dévolution successorale, la réserve héréditaire et la quotité disponible

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

Voir le guide complet : Quote-part et répartition