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Modèle de lettre pour sortir d'une indivision (art. 815 C. civ.)

17 juillet 2026 · 9 min de lecture · Réussir une Succession

Modèle de lettre pour sortir d'une indivision

Modèle de lettre pour sortir d'une indivision : contenu, envoi et suite de la procédure

Vous devez notifier votre décision de quitter une indivision ? Le courrier formel reste l'étape incontournable pour déclencher le partage amiable ou la cession de vos droits indivis. Ce modèle de lettre s'adresse soit aux coïndivisaires, soit au notaire chargé du dossier, selon que vous demandez un partage global ou que vous cédez uniquement votre quote-part. Chaque cas impose des mentions légales distinctes : l'article 815 du Code civil pour le partage, l'article 815-14 pour la cession avec droit de préemption. Rédiger correctement cette lettre, l'envoyer en recommandé avec accusé de réception et mentionner votre quote-part précise conditionne la suite de la procédure.


Le modèle de lettre : les deux versions selon votre situation

Lettre de demande de partage (vers les coïndivisaires ou le notaire)

Ce modèle formalise votre demande de partage amiable du bien indivis, fondée sur l'article 815 du Code civil qui garantit à tout coïndivisaire le droit de ne pas rester dans l'indivision. Vous pouvez l'adresser directement aux autres coïndivisaires ou au notaire déjà en charge de la succession (article 835 du Code civil). L'envoi recommandé avec accusé de réception est obligatoire pour faire courir les délais et constituer une preuve en cas de désaccord ultérieur.

[Votre nom et prénom]
[Votre adresse complète]
[Code postal, Ville]

Objet : Demande de partage amiable — sortie d'indivision

À [Nom de chaque coïndivisaire] OU [Nom du notaire, Étude, Adresse]

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de quitter l'indivision portant sur le bien situé au [adresse complète du bien, référence cadastrale si disponible], détenu en indivision depuis le [date de l'ouverture de l'indivision : décès, achat en commun].

Je détiens actuellement une quote-part de [fraction ou pourcentage, ex. : 1/3 ou 33,33 %] des droits indivis sur ce bien.

Conformément à l'article 815 du Code civil, nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision et le partage peut être provoqué à tout moment. Je vous demande donc de convoquer l'ensemble des coïndivisaires devant notaire afin d'organiser le partage amiable du bien ou, à défaut d'accord, d'entamer les démarches nécessaires à la sortie de l'indivision.

Je reste à votre disposition pour convenir d'un rendez-vous dans les plus brefs délais et pour régler toutes les questions administratives et financières liées à cette procédure.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Votre signature manuscrite]
Fait à [Ville], le [Date]

Variables à remplacer entre crochets : votre identité complète, l'adresse exacte du bien, la date d'ouverture de l'indivision, votre quote-part (obligatoire pour éviter toute contestation), le destinataire (coïndivisaires ou notaire).


Lettre de notification de cession de parts (droit de préemption)

Si vous souhaitez céder votre quote-part à un tiers ou à un coïndivisaire spécifique, vous devez notifier cette intention aux autres coïndivisaires, qui disposent d'un droit de préemption (article 815-14 du Code civil). Ce droit leur permet de racheter vos parts aux conditions proposées, dans un délai d'un mois suivant la réception de votre lettre recommandée. Si aucun coïndivisaire n'exerce son droit dans ce délai, vous pouvez céder vos parts aux conditions notifiées.

[Votre nom et prénom]
[Votre adresse complète]
[Code postal, Ville]

Objet : Notification de cession de parts indivises — droit de préemption (article 815-14 du Code civil)

À [Nom de chaque coïndivisaire, adresse]

Madame, Monsieur,

Je soussigné(e) [votre nom et prénom], coïndivisaire du bien situé au [adresse complète du bien, référence cadastrale si disponible], détenteur(trice) d'une quote-part de [fraction ou pourcentage précis], vous informe par la présente de ma décision de céder mes droits indivis sur ce bien.

Les conditions de cette cession sont les suivantes :
Quote-part cédée : [fraction ou pourcentage]
Prix proposé : [montant en euros] OU Conditions de la cession : [autre modalité convenue]
Acquéreur envisagé : [nom du tiers ou d'un coïndivisaire, ou "tout acquéreur intéressé"]

Conformément à l'article 815-14 du Code civil, vous disposez d'un délai d'un mois à compter de la réception de la présente lettre recommandée pour exercer votre droit de préemption et vous porter acquéreur de cette quote-part aux conditions ci-dessus mentionnées.

Passé ce délai, et en l'absence d'exercice de votre droit de préemption, je serai libre de céder mes droits indivis aux conditions notifiées.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Votre signature manuscrite]
Fait à [Ville], le [Date]

À savoir : Si aucun coïndivisaire n'exerce son droit de préemption dans le délai d'un mois, la cession peut intervenir aux conditions notifiées. Toute modification ultérieure du prix ou des conditions impose une nouvelle notification.


Quelles mentions sont obligatoires dans la lettre ?

Une lettre de sortie d'indivision sans mention précise de la quote-part ni du fondement légal peut être inopposable aux autres coïndivisaires en cas de contestation ultérieure. Les mentions suivantes sont incontournables :

  • Identification complète du bien : adresse exacte, numéro de parcelle cadastrale si disponible, nature du bien (maison, appartement, terrain).
  • Quote-part de l'indivisaire signataire : fraction (ex. : 1/4) ou pourcentage (ex. : 25 %). Cette mention conditionne la validité de la demande de partage ou de la notification de cession.
  • Fondement juridique : article 815 du Code civil pour le partage, article 815-14 pour la cession avec droit de préemption. Mentionner l'article exact évite toute ambiguïté sur la nature de la démarche.
  • Demande explicite : partage amiable du bien indivis OU cession de votre quote-part à un tiers ou à un coïndivisaire.
  • Coordonnées complètes et date : nom, prénom, adresse, téléphone, e-mail. La date de signature fait courir les délais procéduraux.

À savoir : une lettre sans mention de la quote-part ni du fondement légal peut être inopposable aux autres coïndivisaires en cas de contestation ultérieure.


Comment et quand envoyer la lettre ?

Mode d'envoi recommandé : lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) adressée à chaque coïndivisaire individuellement, ou remise en main propre contre signature. La date de réception fait courir les délais procéduraux (notamment le délai d'un mois pour l'exercice du droit de préemption en cas de cession de parts). Sans LRAR, la preuve de la notification est difficile à établir devant un juge en cas de désaccord ultérieur.

Destinataire alternatif : le notaire déjà en charge de la succession peut recevoir la demande et convoquer les parties (article 835 du Code civil). Cette option est particulièrement adaptée si vous souhaitez éviter une communication directe avec les coïndivisaires ou si le notaire a déjà été désigné lors de l'ouverture de la succession.

Effet de l'envoi : la date de réception de la lettre recommandée fait courir les délais procéduraux. En cas de demande de partage fondée sur l'article 815, l'envoi constitue une preuve de votre volonté de sortir de l'indivision, utile en cas de saisine ultérieure du tribunal judiciaire. En cas de cession de parts (article 815-14), le délai d'un mois pour l'exercice du droit de préemption court à compter de la réception par chaque coïndivisaire.


Ce que change la loi du 7 avril 2026

Depuis la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, les indivisaires représentant au moins les deux tiers des droits indivis peuvent exprimer devant notaire leur intention de procéder à l'aliénation ou au partage du bien. En cas d'opposition d'un indivisaire minoritaire, le juge peut être saisi pour autoriser l'acte malgré cette opposition. Conséquence pratique sur la lettre : si vous représentez ou réunissez les deux tiers des droits, la démarche amiable par lettre reste le premier pas, mais la procédure judiciaire de blocage est désormais plus encadrée.

À savoir : ce seuil des deux tiers concerne l'aliénation ou le partage du bien indivis ; il ne modifie pas les règles de la cession individuelle de parts (article 815-14 du Code civil, inchangé). Le droit de préemption d'un mois reste applicable à chaque coïndivisaire en cas de cession de votre quote-part.


Après l'envoi : les trois issues possibles

1. Accord amiable de tous les coïndivisaires : le notaire rédige l'acte liquidatif de partage (obligatoire si un bien immobilier est concerné, article 835 du Code civil). Délai indicatif : environ 6 mois pour les formalités notariales courantes (évaluation du bien, rédaction de l'acte, publicité foncière).

2. Désaccord sur les modalités mais pas sur le principe : le notaire peut organiser une réunion de conciliation entre les coïndivisaires. Un accord partiel suffit pour avancer : par exemple, accord sur le principe du partage mais désaccord sur la composition des lots ou sur la valeur du bien. Le notaire peut alors proposer une expertise judiciaire pour fixer la valeur (évaluation contradictoire par un expert désigné par le juge ou accepté par les parties).

3. Blocage total : saisine du tribunal judiciaire pour licitation judiciaire ou partage judiciaire. La licitation (vente aux enchères du bien indivis) peut être demandée lorsque le partage en nature est impossible ou trop coûteux. Le juge ordonne alors la vente du bien aux enchères publiques, et le prix de vente est réparti entre les coïndivisaires proportionnellement à leurs quotes-parts. Pour en savoir plus sur les conditions et la procédure, consultez notre article sur la vente forcée d'un bien indivis et notre guide complet de la licitation judiciaire.

Si vous êtes plusieurs héritiers en désaccord, la situation impose souvent une médiation ou une procédure judiciaire. Notre article comment sortir de l'indivision entre frère et sœur détaille les cas fréquents de blocage familial et les recours possibles.


Avant de signer quoi que ce soit, calculez les droits de succession dus sur le bien indivis et comparez les trois options (garder, louer, vendre).


Frais à prévoir après la lettre

La lettre elle-même n'est soumise à aucun frais. Les frais naissent à l'étape de l'acte notarié, pas à l'envoi du courrier. Deux postes principaux :

1. Droit d'enregistrement de l'acte de partage : taux fixé par l'article 746 du Code général des impôts. Pour un partage pur et simple (sans soulte), le droit d'enregistrement est de 2,50 % de la valeur nette partagée (valeur du bien moins les dettes de l'indivision). Si un coïndivisaire reçoit un lot de valeur supérieure à sa quote-part et verse une soulte (compensation financière) aux autres, cette soulte est soumise aux droits de mutation à titre onéreux (environ 5,80 % selon les départements).

2. Émoluments du notaire : calculés sur la valeur nette partagée, selon le barème réglementé (décret du 26 février 2016 modifié). Ce barème dégressif s'applique par tranches de valeur : par exemple, pour un bien de 200 000 €, les émoluments proportionnels sont d'environ 2 000 € HT (à vérifier auprès de votre notaire, car des émoluments fixes s'ajoutent pour les formalités de publicité foncière).

Rappel : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Consultez un notaire ou un avocat spécialisé en droit de l'indivision pour sécuriser votre démarche.

Pour aller plus loin, consultez notre guide complet : sortir de l'indivision, qui détaille l'ensemble des options (partage amiable, vente, licitation) et leurs conséquences fiscales.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

Voir le guide complet : Sortir de l'indivision