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Une famille discutant des options pour un bien immobilier hérité : garder, louer ou vendre
Que faire du bien hérité

Garder, louer ou vendre : comment décider sans se tromper

Vous avez hérité d'un bien immobilier, seul ou avec d'autres héritiers, et vous ne savez pas encore quoi en faire. Cette page répond à une question simple : qu'est-ce que chaque option change concrètement, sur le plan fiscal et entre héritiers, et comment choisir la vôtre.

  • Les 3 options expliquées simplement
  • La fiscalité de chacune
  • Si les héritiers ne sont pas d'accord
  • Une checklist pour trancher
AVANT DE CHOISIR

Une chose à comprendre si vous n'êtes pas seul héritier

Tant que la succession n'est pas partagée, le bien n'appartient à personne en particulier : il appartient à tous les héritiers en même temps, chacun pour une part. C'est ce qu'on appelle l'indivision. Concrètement, cela veut dire qu'aucune décision importante (louer, vendre, faire des travaux) ne peut se prendre par une seule personne. Il faut l'accord des autres, selon des règles de majorité précises, détaillées plus bas et sur notre page dédiée à l'indivision.

Si vous êtes seul héritier, cette contrainte ne s'applique pas : vous décidez seul. Les explications sur chaque option restent utiles, en particulier la partie fiscale.

EN UN COUP D'ŒIL

Trois options, trois logiques

Garder et occuper

Pas de revenu, mais pas d'impôt lié à la location. Charges partagées entre héritiers.

Chaque héritier décide de son usage, dans le respect des autres.

Louer

Revenus fonciers imposables pour chaque héritier.

Décision à la majorité des deux tiers des droits indivis.

Vendre

Transforme le bien en argent, facile à partager entre héritiers.

Demande en principe l'accord de tous les héritiers.

EN DÉTAIL

Chaque option, expliquée à fond

Garder et occuper le bien

Pour qui : un héritier qui veut y vivre, ou une famille qui veut garder la maison de famille.

Garder le bien, c'est le plus simple à décider mais pas forcément le plus simple à vivre à plusieurs. Tant que la succession n'est pas partagée, le bien appartient à tous les héritiers en même temps, chacun pour une part. Les charges (taxe foncière, entretien, assurance, copropriété le cas échéant) se répartissent entre tous, au prorata de leur part, même si un seul héritier vit dans le bien.

Le point auquel on ne pense pas toujours : si un héritier occupe seul le bien, il doit en principe une indemnité d'occupation aux autres héritiers. C'est une sorte de loyer qu'il se doit à lui-même, mais qu'il reverse aux autres, calculé sur la valeur locative du bien. Les héritiers peuvent s'accorder autrement, mais sans accord écrit, c'est la règle par défaut.

Si l'objectif est de garder le bien dans la famille sur le long terme, sans revivre ce type de tension à chaque génération, la SCI familiale est une alternative à connaître : elle transforme le bien en parts de société, plus faciles à transmettre et à gérer à plusieurs.

Comprendre la SCI familiale

Louer le bien

Pour qui : les héritiers qui veulent des revenus réguliers sans se séparer du bien.

Louer un bien indivis ne demande pas l'accord de tout le monde : la décision se prend à la majorité des héritiers représentant au moins deux tiers des parts du bien (article 815-3 du Code civil). C'est une différence importante avec la vente, qui elle demande en général l'unanimité.

Les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, chaque héritier étant imposé sur sa propre part, pas sur le total. Deux régimes existent selon le montant annuel des loyers, charges non comprises, perçus par chaque héritier au titre de sa quote-part.

En dessous de 15 000 € de revenus fonciers par an, le régime micro-foncier s'applique automatiquement : un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué sur les loyers déclarés, sans possibilité de déduire les charges réelles. Il reste possible d'opter pour le régime réel, mais cette option est irrévocable pendant 3 ans.

Au-dessus de 15 000 €, le régime réel s'applique obligatoirement : le revenu imposable est égal aux loyers encaissés moins les charges réelles (travaux d'entretien, taxe foncière, primes d'assurance, frais de gestion, intérêts d'emprunt). Si les charges dépassent les loyers, le déficit qui en résulte est déductible du revenu global dans la limite de 10 700 € par an, le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Un exemple pour rendre ça concret : un appartement hérité par deux frères et sœurs à parts égales est loué 800 € par mois, soit 9 600 € par an. Chacun déclare 4 800 € de revenus fonciers. Sous le régime micro-foncier, l'abattement de 30 % ramène leur base imposable à 3 360 € chacun, sur laquelle s'appliquent leur taux d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.

Voir toutes les règles de majorité en indivision

Vendre le bien

Pour qui : les héritiers qui veulent solder la succession simplement, ou qui ont besoin de liquidités.

Vendre met fin à l'indivision d'un coup et transforme le bien en argent, beaucoup plus simple à partager qu'une maison. C'est en général l'option qui règle le plus rapidement une situation à plusieurs héritiers, à condition que tout le monde soit d'accord.

En principe, vendre un bien indivis demande l'accord de tous les indivisaires. Si un ou plusieurs héritiers refusent, il existe des procédures pour forcer la vente, mais ce sont des démarches longues, à n'engager qu'en dernier recours et détaillées sur notre page dédiée à l'indivision.

Sur le plan fiscal, vendre peu de temps après le décès entraîne en général une plus-value faible ou nulle : le prix de référence retenu n'est pas ce que le défunt avait payé, mais la valeur du bien déclarée dans la succession. Plus le délai entre le décès et la vente s'allonge, plus un écart peut apparaître entre cette valeur et le prix de vente réel.

Comprendre le calcul de la plus-value à la revente

Et si les héritiers ne sont pas d'accord ?

C'est la situation la plus fréquente et la plus tendue : un héritier veut vendre, un autre veut garder. Retenez cette règle simple : plus la décision est facile à annuler, moins elle demande d'accord. Louer se décide à la majorité des deux tiers des droits indivis. Vendre demande en principe l'accord de tous.

En cas de blocage complet, des procédures judiciaires existent pour sortir de l'indivision, mais ce sont des démarches longues, à n'engager qu'en dernier recours. Elles sont expliquées en détail, avec les seuils de majorité exacts, sur la page dédiée.

Sortir de l'indivision : toutes les règles →
POUR DÉCIDER

La checklist pour trancher

Il n'y a pas de bonne réponse universelle, seulement la bonne réponse pour votre situation. Répondez à ces questions, une recommandation s'affiche automatiquement.

Avez-vous besoin de liquidités rapidement ?
Le bien a-t-il une forte valeur affective pour vous ou votre famille ?
Pouvez-vous assumer les charges (taxe foncière, entretien, travaux) si vous gardez le bien ?
Le marché locatif est-il porteur dans le secteur du bien ?
Un des héritiers souhaite-t-il racheter la part des autres pour garder le bien seul ?
Tous les héritiers sont-ils d'accord sur la même option, au moins à grands traits ?
POUR ALLER PLUS LOIN

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QUESTIONS FRÉQUENTES

Ce qu'on nous demande souvent

Peut-on louer le bien avant que la succession soit définitivement partagée ?

Oui. La mise en location est un acte d'administration : elle se décide à la majorité des deux tiers des droits indivis, pas à l'unanimité, et n'attend pas la fin du partage.

Qui paie la taxe foncière pendant que le bien est en indivision ?

Tous les héritiers, chacun au prorata de sa part dans la succession, que le bien soit loué, vide ou occupé par l'un d'entre eux.

Un héritier peut-il vivre seul dans le bien sans rien payer aux autres ?

Non, pas par défaut. Sauf accord contraire entre héritiers, celui qui occupe seul le bien doit en principe une indemnité d'occupation aux autres, calculée sur la valeur locative du bien.

Faut-il l'accord de tous les héritiers pour vendre ?

En principe oui. C'est la différence majeure avec la location, qui se décide à la majorité des deux tiers. En cas de blocage, des procédures existent pour forcer une vente, mais elles sont longues.

Que se passe-t-il si personne ne veut du bien et que personne ne veut vendre non plus ?

L'indivision peut durer, mais elle a un coût : charges à payer, décisions bloquées. N'importe quel indivisaire peut, à tout moment, demander le partage ou la vente du bien devant le tribunal, donc l'indivision n'est jamais obligée de durer indéfiniment.

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Calculer la répartitionSortir de l'indivision

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.